mai 2018

La célébration de la Journée Internationale des Sages-femmes au Bénin, au-delà d’une fête…

Le 05 Mai est la journée dédiée aux sages-femmes du monde entier. Ce métier est purement féminin fait de personnels sanitaires qualifiés et mis aux services de la femme et de la famille. La célébration de cette année constitue la 28ème sur le plan mondial et la 25ème au plan national, le thème consacré à la dite journée de l’an 2018 est « sage-femme, ouvrons la voie avec la qualité des soins ».

Au Bénin, presque une semaine entière était consacrée à la commémoration de cette journée. Non seulement pour festoyer mais pour mener des réflexions afin d’apporter une valeur ajoutée au rôle important de la sage-femme aussi bien dans la communauté qu’à la maternité. Cet évènement annuel est le seul qui réunit toutes les sages-femmes du territoire national (sages-femmes du secteur public, privé, retraitées etc..) venant de tous les départements.

En effet l’Association des sages-femmes du Bénin (ASFB) présidée par Mme MONTEIRO Laurence, comme à l’accoutumé a organisé du 01 au 05  avec un agenda riche en connaissance et bien chargé en diverses activités.Ceci est l’ultime anniversaire  pour honorer et renforcer les compétences des sages-femmes du Bénin à travers cette commémoration.

Ainsi les 01 et 02 Mai les sages-femmes de la commune de Bohicon avec l’ASFB étaient aux cotés des femmes de ladite commune pour l’offre des soins en Planning familial, dépistage des cancers gynécologiques, sensibilisation et conseils sur les méthodes modernes de contraception etc…

Par ailleurs  les journées scientifiques qui s’étaient déroulées du 03 au 04 Mai, plus qu’un simple atelier de renforcement des capacités ont été le lieu d’échanges très alléchants. Pour offrir des soins de qualité, il faille nécessairement être à jour sur les normes obstétricales . Ces communications (une dizaine), étaient donc venues dans le cadre de la JISF enrichies les connaissances des sages-femmes tout en mettant en valeur le thème  « Ouvrons  la voie avec la qualité des soins ».

Les thèmes débattus sont entre autre:

  • L’utilisation inappropriée du misoprostol (cytotec)en maternité:recommandations de l’OMS et dernières informations;
  • Compétences et responsabilités des sages-femmes en matière de violence faite aux filles et aux femmes;
  • Formation sur l’éthique et la déontologie, discussion sur les soins respectueux;
  • Implication de l’ASFB dans l’éducation sexuelle des adolescents et jeunes. etc...

Tel un rituel pour clôturer ces journées de réflexion et lancer les festivités proprement dites, une caravane a été faite dans la ville de Bohicon. Ce qui nous a permis de sensibiliser entre chant, danse et louange la population et de distribuer des préservatifs.

De la réflexion à la détente, l’ASFB a évidemment tout prévu sans omettre cette fameuse nuit qui fait bouger les sages-femmes sur la piste de danse et hors des maternités : la nuit de la sage-femme

Enfin le 05 Mai, débutée à l’église par une messe d’action de grâce, la suite de la journée   était marquée par la présence effective des autorités locales, départementales, ministérielles et des représentants des partenaires techniques et financiers. L’hymne de la sage-femme était évidement au rendez-vous pour le lancement de la cérémonie, puis l’allocution des diverses personnalités laissant place au déjeuner de famille puis la réjouissance.

Toutes vêtues de leur sublime pagne choisi pour cette édition, ces braves femmes de fer intelligentes et complètes; rompues à la tache  au chevet des femmes et de la communauté ont mis le cap sur le Mono pour une édition encore plus particulière l’année prochaine.

Vive l’Association des Sages-femmes du Bénin!!!!!!!

Le 2ème atelier régional sur la campagne CDHP pour la décriminalisation de l’avortement en Afrique

La Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) depuis Janvier 2016 a lancé une campagne sur la dépénalisation de l’avortement en Afrique afin de sauver les femmes des conséquences désastreuses de l’avortement à risque. Cet engagement aux côtés des femmes entre aussi dans le cadre de la promotion des droits de l’homme et plus précisément des droits relatifs à la santé sexuelle et reproductive des femmes. En effet l’avortement à risque représente 13% des causes de tous les décès maternels ; et les femmes de moins de 25 ans représentent 60% des décès dus à l’avortement non médicalisé. La campagne de la CADHP permet donc aux parties prenantes dont Ipas de mobiliser les voix régionales pour soutenir les cadres juridiques et politiques relatifs à l’avortement sécurisé.

C’est à cet effet que l’atelier de sensibilisation sur la campagne de la CADHP pour la décriminalisation de l’avortement, qui est à sa deuxième édition réuni les acteurs des diverses parties prenantes tout en impliquant les jeunes leaders de la sous-région. C’est ainsi que les jeunes champions de Ipas Afrique Alliance (dont moi-même) étions conviés à cette séance de travail. Nairobi a donc abrité comme à la première édition cet atelier qui s’est déroulé du 10 au 11 Avril 2018. Il était donc question d’échanger entre activistes; parlementaires ainsi que le commissaire rapporteur spécial autour de la question de l’avortement sécurisé.

De la clarification des valeurs aux partages d’expériences beaucoup d’autres discussions et communications ont été faites pour modérer la séance. Nous avons  été entretenu par le Commissaire sur comment tirer profit de la CAHP en vue d’un plaidoyer en faveur de l’avortement médicalisé. Les parlementaires ont également apportés leur contribution sur l’orientation à donner au plaidoyer en faveur de la santé et droits sexuels et reproductifs et plus précisément de l’accès à l’avortement médicalisé et leur rôle crucial dans la réforme de la législation portant sur les SDSR.

Réunis au sein de petites équipes tout acteur confondus, nous avons eu la gracieuse opportunité de faire entre  pays francophones; l’état des lieux sur des engagements pris par nos gouvernements pour l’amélioration de la santé maternelle ,puis d’identifier les défis auxquels nos pays sont encore confrontés avant de faire des approches de solution.

De même les jeunes champions de Ipas ont eu droit à leur plénière ;ce qui leur a permis de faire connaissance et faire un bilan de leurs activités dans les pays respectifs. Ce fut une réunion d’échange et de partage d’expérience entre jeunes champions sur la question de la dépénalisation de l’avortement.

Ainsi chaque participant avait fait des engagements vis-à-vis de son pays pour la vulgarisation des lois liées à l’avortement notamment la domestication du protocole de Maputo.

Les engagements pris pour le Bénin sont entre autres :

  • Mettre un accent particulier sur l’éducation sexuelle complète
  • sensibiliser tout en faisant une clarification des valeurs chez les professionnels de santé sur l’avortement médicaliséEntretenir les médias locaux sur les lois liées à l’avortement
  • Sensibiliser d’autres activistes notamment les activistes des droits humains et de la SDSR sur l’avortement
  • Sensibiliser les forces de l’ordre sur la question
  • Faire des plaidoyers auprès des autorités gouvernementales en faveur de la domestication du protocole de Maputo
  • Faire des plaidoyers auprès des parlementaires pour la dépénalisation de l’avortement

Pour l’heure il ne s’agit donc pas de positionner l’avortement selon des valeurs personnelles; l’urgence est de sauver les femmes qui meurent chaque heure des suites d’un avortement non médicalisé et de restituer les droits des femmes sur la SSR qui sont des droits humains inaliénable.