avril 2018

Avortement au Bénin, entre droit et tabou

Aujourd’hui nous allons parler de l’avortement !!Oui c’est vrai l’avortement est un sujet hyper tabou dans notre société mais comme à ILEWA il n’y a pas de tabou tant qu’il s’agit de la santé de la femme ; on se lance…

L’avortement dans la majorité des pays africains demeure un sujet mystique; quatre pays au total ont légalisé l’avortement onze l’ont radicalement interdit et la plupart du reste l’autorise de manière restrictive.

Qu’est-ce donc l’avortement ?

En effet l’avortement est l’expulsion de l’œuf avant la 22ème Semaine d’Aménorrhée selon l’Organisation Mondiale de la Santé et 28ème Semaine d’Aménorrhée ou 06mois révolus au Bénin. Il peut se faire de manière spontané c’est-à-dire sans une intervention extérieure ou peut être provoqué (Interruption Volontaire de Grossesse : IVG). Aussi l’avortement est médicalisé ou sécurisé lorsqu’il est pratiqué par un personnel qualifié et compétent dans les limites de la loi, par contre l’avortement clandestin est celui réalisé par un individu non qualifié dans l’illégalité et dans des conditions septiques.

Que disent les lois à propos de l’avortement ?

Le Bénin faisant partir des pays ayant adopté et ratifié le protocole de Maputo ; à travers l’article 14 du Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme en Afrique (Protocole de Maputo) autorise l’avortement dans des circonstances précises énumérées comme suit :

  • Lorsque la grossesse est la conséquence d’un viol ou d’une relation incestueuse,
  • Lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie et la santé de la gestante (femme enceinte)
  • Sur la demande de la femme lorsque le fœtus est porteur d’une malformation grave

Ce faisant les États s’étaient donnés pour mission de limiter au maximum le nombre d’avortement, mais ces lois comportent encore beaucoup de difficultés qui ne permettent pas à la femme d’avoir effectivement accès au service d’avortement même étant porteuse d’une grossesse répondant à ces conditions. Ainsi la question de l’IVG est beaucoup plus traitée comme un droit moral qu’un problème de santé publique  ; c’est clairement un tabou.Parailleurs, la restriction des lois liées à l’avortement, la méconnaissance des droits précités par les femmes, la difficulté dans les procédures, le manque d’éducation sexuelle, l’accès difficile aux méthodes contraceptives et la sous information en matière de sexualité, favorisent la recrudescence des grossesses non désirées et par conséquent de l’avortement clandestin qui est estimé à 97% des IVG en Afrique d’après le Guttmacher Institute.

Le décès maternel,l’une des graves complications de l’avortement clandestin

29 000 femmes meurent chaque année soit 03 femmes par heure suites aux avortements  clandestins, et 60% de ces femmes ou jeunes filles ont moins de 25 ans (3). Au Bénin ils constituent la deuxième cause de décès maternels; et d’après les statistique près de la moitié des femmes ayant recours à l’avortement clandestin sont des adolescentes. Il est également aisé de constater que la majorité des victimes de l’avortement clandestin est issue de la population défavorisée, car ceux qui ont suffisamment de ressources peuvent se payer un avortement sécurisé et sans risque qui revient assez cher, il se pose aussi donc une question d’inégalité sociale.

En réalité la restriction des lois d’avortement ne réduit pas le taux d’avortement comme voulu mais oblige les femmes à recourir à l’avortement clandestin malgré toute la panoplie de complication qu’il peut entrainer sur leur santé.

Que faire pour éviter les dégâts liés à l’avortement clandestin ?